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mardi 17 février 2015

A la fenêtre


Elle en avait rêvé depuis des années de cet appartement. Un petit endroit juste pour elle, qu'elle aménagerait avec pleins de livres, des sièges confortables, des couvertures douillettes, des photos par centaine, de jolies décorations... Elle en avait rêvé de ce grand lit de princesse, de cette petite cheminée et surtout, de ce petit balcon. Et elle l'avait enfin trouvé, c'était enfin chez elle, et aujourd'hui plus qu'un autre jour, elle trouvait dans cet appartement la quiétude dont elle avait tant besoin.
C'était le printemps, il pleuvait averse sur la ville. Elle s'était installée sur son bord de fenêtre qu'elle aimait tant. Elle avait placé une petite banquette confortable contre le mur juste sous la fenêtre, celle qui donnait sur un tout petit balcon. La jeune fille s'était assise, un thé à la main réchauffant son visage pâle. Lili n'était pas heureuse, elle le savait, même dans son appartement chéri, elle ne l'était pas. De toute façon pensait-elle, il ne suffit pas d'un bel endroit pour être heureuse. Seulement, elle ne pouvait pas dire qu'elle était malheureuse non plus, ce n'était pas vraiment ça, elle n'était pas triste, pas tout le temps. Elle vivotait simplement entre bonheur et tristesse, dans son bel appartement.
C'était l'après-midi et elle n'avait rien à faire, surtout, elle n'avait rien envie de faire. Alors, elle s'était préparé un thé au citron, et elle s'était installée sur son sofa pour observer par la fenêtre la ville se recouvrir d'un voile humide et tremblotant. Elle aimait ça, la pluie, surtout au printemps. Elle détestait l'hiver et son froid qui lui gelait le coeur, et elle avait un peu peur de l'été et de ses orages qui la faisaient trembler de peur. Alors la pluie printanière était la plus agréable, douce et calme apportant un manteau de silence sur sa petite ville. Ce n'est pas qu'elle n'aimait pas le bruit, mais elle n'aimait pas lorsqu'il y avait trop de monde et trop d'agitation. Ce qu'elle préférait c'était être seule, face à sa fenêtre, en sécurité, avec ses pensées. C'était une jeune fille calme, elle avait appris à ne pas parler pour ne rien dire, elle avait appris à utiliser ses mots précautionneusement, mais si elle se retrouvait entourée d'amis ou de connaissances, elle s'adaptait au groupe et ne restait pas silencieuse pour autant. Elle était comme ça, elle s'adaptait aux personnes, elle souriait en public car c'est bien vu d'être gaie, elle disait bonjour facilement car c'est poli de se saluer même sans se connaitre vraiment, elle sortait parfois aussi car il faut entretenir les relations amicales de cette façon, oui, elle faisait tout bien Lili. Cela ne la dérangeait pas vraiment, elle éprouvait parfois un sentiment de joie, proche du bonheur même à certains moments. Mais étrangement, elle se sentait toujours seule. C'était étrange car elle avait des amis, des amis proches, et de très bonnes relations familiales, mais il lui semblait toujours qu'elle était seule. En réalité elle s'y était habituée, et elle avait appris à apprécier, c'est pourquoi ces journées à ne rien faire, à rester seule à la fenêtre de son appartement, elle les choyait. Il était tout doux pour elle de pouvoir être seule, ne pas devoir tricher, se forcer, ou faire des efforts pour les autres, c'était agréable pour elle de pouvoir passer des journées enfermée, avec sa musique, ses livres, ses films, ses thés et sa banquette près de la fenêtre. Lili n'était pas heureuse non, c'est vrai, mais Lili aimait sa vie, elle aimait très fort des personnes, et elle s'aimait aussi de temps à autres.
Et puis surtout, elle aimait la pluie, vraiment beaucoup. La pluie chantait une mélodie mélancolique, elle berçait les pensées de la jeune fille, elle exprimait tout ce dont elle n'était pas capable d'extérioriser. Souvent, elle voulait pleurer, elle en avait besoin. Il y a des jours où elle se levait une boule dans la gorge, les yeux humides, la faim qui l'avait quittée, le sourire impossible à afficher. La fatigue devenait lourde, car elle venait de l'intérieur, c'était son coeur qui aujourd'hui n'arrivait pas à faire semblant de bien aller. Alors, elle espérait pleurer, pour tout laver, pour se purger de ces sombres bras collants qui créaient une mer noire dans son âme. Elle se battait souvent, elle ne se laissait pas sombrer, mais il arrivait que la pauvre enfant passe sa journée sur son sofa, la gorge nouée, à attendre que la pluie tombe, pour que le ciel pleure pour elle et l'aide à respirer. C'est pour cela qu'elle aimait tant la pluie, car Lili ne pleurait plus, ne pleurait plus depuis longtemps, mais la pluie, elle, continuait de tomber.
Son thé refroidissait, elle pourrait bientôt le boire, elle leva les yeux aux ciel et elle sourit, elle savait qu'un jour, comme ce ciel oppressé de lourds nuages, elle pourrait ouvrir les vannes, et enfin déverser par torrent toute cette tristesse qui la tourmente depuis trop longtemps. En attendant, elle continuerait sa douce vie, agrémentée de hauts et de bas, de petites joies et de grandes peines, et de soleil et de pluie.

mardi 10 février 2015

Harcèlement scolaire, éducation française, jugements de valeurs...

J'ai réagi sur Twitter au reportage que France 2 a passé ce soir Mardi 10 février. L'émission Infrarouge propose des documentaires qui "s'’intéressent à l'’évolution et aux mutations de notre société et cherche à donner des clés de compréhension sur ce qui pose encore problème dans la vie des français."
Le documentaire de ce soir était sur le harcèlement scolaire, j'ai lu beaucoup de tweets à ce sujet et cela m'a inspiré une série de réactions que j'ai regroupé dans une Storify.
J'ai fait des captures pour les regrouper pour que la lecture soit possible directement ici, je m'excuse d'avance de la longueur que ça prend, je ne vais donc pas tout poster ici, juste les premiers tweets et si cela vous intéresse, vous pourrez lire la suite en cliquant sur la dernière capture d'écran :)

J'écrirais plus tard un article sur ma vision de l'éducation, mes idées sur le sujet, mes utopies pour changer certaines choses et pourquoi les changer, mais je compte prendre le temps de l'écrire, donc en attendant je vous propose de lire mes tweets : 
(C'est écrit rapidement, je ne me relis pas toujours quand je tweet vite, j'ai laissé passer quelques fautes c'est certain, excusez-moi)



⬆︎⬆︎Pour lire la suite cliquez sur la dernière image ! ⬆︎⬆︎

Merci d'avoir lu jusqu'au bout.

samedi 31 janvier 2015

Photos - Côte Ouest de la Californie

Je suis partie en vacances avec mes parents et ma soeur pendant les vacances de Noël sur la Côte Ouest de la Californie.
J'ai fait une très très sélective sélection de photos pour vous faire partager ce voyage.
Un jour je prévois de faire un montage de toutes mes vidéos pour un petit film du voyage !

Vous pouvez donc voir ces photos sur mon Flickr en cliquant ici-même !

mercredi 17 décembre 2014

Des réseaux sociaux virtuels ? Pas totalement ...

J’avais commencé à écrire un article déjà sur les réseaux sociaux, mais je n’arrivais pas à le poursuivre, à le finir, et je pense que c’était parce qu’il était trop “scolaire”.
Je ne vais donc pas vous faire un historique des réseaux sociaux, vous détailler l’utilisation de chaque réseau que j’utilise, non, je vais vous parler tout simplement.

Les réseaux sociaux virtuels ont une très grande place dans ma vie, il y a même eu une période où ils étaient mon seul contact social pendant parfois plusieurs jours d’affilés... Alors oui, je passe énormément de temps sur internet, à discuter, à partager, à parler de ma vie, de choses qui me passent par la tête, et bien souvent rien de tout cela n’est vraiment intéressant ou utile. Et pourtant, plus de 200 personnes suivent mes histoires (edit décembre 2015 : + de 300), mes bouts de vie que je partage sur mon compte Twitter.
Je pense que je suis une personne qui a besoin de beaucoup d’attention et d’affection, même si je ne suis pas toujours capable de bien montrer mon affection en retour. Internet a été pour moi un moyen de faire des rencontres, de belles rencontres, vraiment chères et importantes dans ma vie. Dans la vie non virtuelle je suis très bien entourée, j’ai une famille aimante et on est très proche, j’ai de très bons et fidèles amis sur qui compter donc je ne suis pas en manque d’amour ou d’amis comme vous pouvez le voir, et pourtant je passe beaucoup de temps à échanger virtuellement avec beaucoup beaucoup d’autres personnes.

Pour beaucoup de gens qui ne pratiquent pas du tout les réseaux sociaux ou qui en ont une utilisation assez limitée (discuter et échanger seulement avec les personnes qu’elles connaissent dans la "vraie" vie, principalement en utilisant Facebook dans ces cas-là), je fais partie de ces personnes qu’elles ne comprennent pas. "Pourquoi avoir besoin de parler avec des “inconnus”", "Tu ne sais pas qui est derrière l’écran, tu ne les rencontreras peut-être jamais", "À quoi ça sert, tu ne les connais pas vraiment vous ne faites que parler derrière votre écran", "Ce n’est pas la vraie vie" ect ect.
Alors sur beaucoup de points vous avez raison, en effet je ne sais jamais au premier abord qui est derrière l’écran, mais au premier abord je ne vais pas avoir une confiance aveugle en ces personnes non plus, mais avec le temps et les discussions on apprend à se connaitre et à découvrir qui est derrière l’écran justement. C’est vrai aussi qu’il est possible que je ne puisse jamais rencontrer certaines personnes, pour plusieurs raisons diverses : nous habitons dans des pays différents ou trop loin dans le même, nous ne nous connaissons pas encore assez pour passer plusieurs heures ensemble et organiser une rencontre, nous n’avons pas le temps... Mais cela n’enlève rien au plaisir de discuter ensemble et si on veut se voir, je suis sûre que de toute façon nous nous verrons. J’ai déjà rencontré plus d’une dizaines de personnes rencontrées sur un forum et sur Twitter, toujours de belles rencontres et ce n’est pas près de s’arrêter.
Ensuite, vous avez tort. Ce n’est pas parce que nous parlons seulement via internet (et parfois ensuite par textos, Skype ou en s'appelant) que nous ne nous connaissons pas. Imaginez-vous dans un cadre par exemple scolaire; vos professeurs décident de se jumeler avec une autre école, de votre pays ou d’un autre, vous avez chacun une personne désignée qui deviendra votre correspondant mais vous allez seulement discuter par email ou courrier dans un premier temps, et de cette façon apprendre à vous connaître. Cette situation ne vous choque pas si au bout de quelques mois, si tout se passe bien entre vous et votre correspondant et que vous vous entendez bien, vous allez avoir envie de rencontrer cette personne et même avoir l’impression de la connaitre suite à des discussions régulières. Donc pourquoi cela serait-il plus choquant par internet, sans autres intermédiaires que les réseaux sociaux ? Et pour continuer sur ce point, internet c’est la vraie vie, c’est juste une autre façon de l’exploiter, de l’utiliser, d’y passer du temps. Je comprends que pour beaucoup ça donne une impression de gâcher du temps, de passer à côté de la “vraie vie”, mais je ne pense pas.
Grâce à internet comme je l’ai déjà dit j’ai rencontré beaucoup de personnes, mais ce n’est pas seulement au niveau relationnel que les réseaux sociaux sont importants pour moi, c’est aussi aux niveaux humain, intellectuel ou culturel. Je m’explique.

Logo Twitter 2014

Le principal réseau social que j’utilise est Twitter, puis Facebook, Instagram et enfin Tumblr. Sur Twitter, je parle beaucoup, beaucoup (j’en suis à plus de  vingt-deux mille tweets depuis août 2010( edit dec 2015 : j'approche des 40 milles), de moi donc de ma vie, mais aussi de mes avis, de mes découvertes musicales, cinématographiques, de séries, d’artistes, je partage mes pensées sur des sujets politiques, sociaux, culturels, et puis surtout on me répond, on me lit, on me parle et se créent des échanges. De fil en aiguille sur Twitter on se “suit”, on s’abonne à de nouveaux comptes, de nouvelles personnes, qui ont des avis qui nous intéressent, avec qui on aime échanger ou juste qui nous apportent quelque chose par leurs tweets. Grâce à Twitter j’ai pu pour beaucoup me lâcher quand ça n’allait pas dans ma vie, j’ai eu du soutien, et même si on ne me répondait pas, ça faisait du bien de le livrer, même si des “inconnus” me lisaient, je me déchargeais d’un poids.
Sur Twitter, j’ai l’occasion de rencontrer des personnes qu’il me serait difficile de rencontrer dans la vie AFK (Away From Keyboard = Loin du clavier), tout simplement car l’on ne parle pas de soi dans la vie comme sur Twitter, on ne débite pas son avis à tout va dans la rue en attendant que cela intéresse une personne qui passerait devant nous et avec qui on pourrait créer une discussion. Alors que sur Twitter, on peut.

Je viens de la campagne toulousaine, mon collège et mon lycée étaient des petits établissements de seulement 600 à 800 élèves environ, la mixité sociale n’est pas très présente dans ces régions et malgré des parents très tolérants et ouverts, j’ai vécu une enfance sans avoir de copines ou copains noirs, asiatiques, lesbiennes, homosexuels, bi, juifs, musulmans ou autre. Je suis une jeune fille qui a quand même de la chance dans sa vie, j’ai fait des colonies Air France tous les étés jusqu’à mes 18 ans ce qui m’a permis de rencontrer des personnes très différentes, de villes différentes, de “cultures” régionales différentes, et cela m’a un peu plus ouvert les yeux à d’autres milieux, à d’autres personnes. Sur Twitter j’ai pu rencontrer des personnes aussi diverses qu’il y en a en France, je me suis fait des amis que je n’aurais jamais pu rencontrer dans ma campagne toulousaine. Ils viennent de partout, ils sont de toutes orientations sexuelles, ils sont politisés, ils sont dans des études très éloignées de moi, ils sont de cultures différentes, ils ont des âges aussi très divers et ils m’apportent tous quelque chose. Par Twitter j’ai découvert différentes facettes du féminisme par exemple, ce qui m’a ouvert les yeux sur ma vision (bêtement) diabolisée que j’en avais. Twitter est une source d’information, une source de richesse, on y rencontre des personnes uniques, que nous connaissons d’une certaine façon, mais qui ne nous connaissent aussi que de cette façon. On est tous semblable sur Twitter.
Evidemment, tout le monde ne se livre pas non plus, tout le monde sur Twitter n’est pas prêt à partager et discuter avec la terre entière. Il y aussi des personnes sur Twitter très différentes avec des utilisations plus ou moins ouverte à la discussion et au partage, il y a vraiment de tout! Twitter représente la société, les sociétés, il y a toutes les personnes, toutes les personnalités de personnes existantes sur terre, et ce qui est beau, c’est qu’on n’est pas gêné par un océan ou des centaines de kilomètres pour les rencontrer, il suffit de quelques mots, de 140 caractères pour partager avec quelqu’un qui nous intéresse.
Ou qui ne nous intéresse pas. Twitter c’est ça aussi, c’est la liberté d’expression (dans le respect des droits de l’homme, les propos jugés racistes ou discriminatoires de toutes natures peuvent être censurés suite à des réclamations), on peut sortir de notre cocon idéologique (quel qu’il soit) et découvrir ce que pensent d’autres, et surtout d’autres qui ont des avis différents, d’autres avec qui on n'est pas d’accord. Le risque d’internet c’est de tomber dans des débats qui s’enveniment trop facilement avec cette protection de l’écran justement, mais je trouve intéressant de pouvoir observer et se rendre compte que ces personnes existent, et que de tels propos peuvent être tenus et défendus. (Je ne sais pas si j’ai été claire sur ce point, je suis désolée si ce n’est pas le cas.)
Enfin, comme tout réseau social ou tout nouveau cadre social, il faut maîtriser les règles pour s’y sentir à l’aise et comprendre comment bien utiliser les outils qui sont à notre disposition.

J’aimerais finir en précisant quelque chose d’important, que je pense vous avez tous pensé en me lisant.
Je suis beaucoup sur Internet, je suis beaucoup sur Twitter (notamment suite à une période où j’en avais besoin) mais j’ai une vie sociale non virtuelle, et vous devez comprendre que c’est évidemment conciliable.
Dire que l’on apprécie les réseaux sociaux, que l’on passe beaucoup de temps sur Twitter et en tirer la conclusion que nous n’avons aucune interaction sociale non virtuelle est vraiment très très hâtif. C’est le même discours que peuvent tenir certains à l’égard des personnes qui jouent beaucoup et aiment les jeux vidéo, ce n’est pas pour ça qu’elles sont asociales et renfermées dans leur monde virtuel (ou deviennent des personnes violentes car elles jouent à Call of).
J’aime et je chéris le contact humain non virtuel. Ma première année à Montréal n’a pas été pour moi source de beaucoup de relations sociales, mais les choses changent, je change.
Ma vie sociale va bien, même si mes colocataires je le sens ne comprennent pas vraiment mon engouement pour être autant sur Facebook ou Twitter et d'autres réseaux sociaux sur internet, je suis entourée au quotidien par elles, et c'est déjà un important et nouveau lien social dans ma vie qui me fait beaucoup de bien.

Enfin, Facebook est aussi essentiel pour moi, car c'est mon lien quotidien avec mes amis et ma soeur qui sont en France. Si je passe beaucoup de temps sur Internet, c'est principalement donc pour Twitter (voir ci-dessus), mais aussi pour entretenir et garder contact avec mes amis qui sont loin de moi.
Je pense que c'est important de le noter, car mon expatriation (temporaire pour le moment) joue beaucoup dans l'importance que je donne aux réseaux sociaux. Facebook est consacré à mes amis de lycées, mes meilleurs amis à vrai dire et ma soeur, et Twitter à mes amis twittos, qui sont au final pour 99% français. Je vis à Montréal mais reste indéniablement une française attachée à son pays, et en fait le fait de parler avec des français me plait beaucoup (car on a les mêmes codes culturels, mêmes références ect), et il se trouve aussi que l'algorithme (ou je ne sais quoi, mais j'ai placé un mot savant ça fait bien) de mon Twitter, de mes abonnements, me dirigent uniquement de français en français, et donc cela reste pour moi un gros lien vers la France, ne m'en déplaise!
On pourrait donc dire, qu'entre ma vie à Montréal et la France, le pont qui me relie et, détail important, dont j'ai vraiment besoin, est Internet via les réseaux sociaux !

Comme toute chose il faut savoir équilibrer nos pratiques, ne pas tomber dans l’addiction, ne pas en abuser, mais il ne faut pas non plus diaboliser des choses que l’on ne comprend pas et que l’on juge d’un regard extérieur et ignorant.
J’espère avoir permis à certain de comprendre l’importance et la richesse que peuvent offrir Internet et ses réseaux sociaux, je me suis attardée ici sur Twitter, mais un autre réseau social qui a énormément compté pour moi est un forum, j’en parlerais peut-être un autre jour pour expliquer pourquoi ... 

Merci d’avoir lu jusqu’ici, et profitez de votre temps sur les réseaux sociaux virtuels et de vos réseaux sociaux non virtuels !

samedi 22 novembre 2014

Le Prince aux yeux noirs.

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C'est un regard de glace qui cache une noirceur profonde. Quiconque se plonge dans ses yeux se retrouve perdu dans une marée noire qui glace le sang. Il porte dans ses yeux un poids mystérieux, ses pupilles sont un trésor de beauté et de secrets. Il a une tenue de Prince, un Prince trop jeune qui a déjà trop supporté la vie. Il aime la richesse, c'est un homme cupide, car il a besoin de se rassurer. L'argent une fois qu'on le possède est une sécurité. Ce Prince n'a pas confiance, ni en lui ni en la vie, il est un Prince solitaire. Tant désiré il ne se laisse plus avoir par l'amour, ces choses sont trop dangereuses. C'est un Prince du désert, il a accordé ses sentiments au climat aride. Ses pensées sont du sable fin qu'il est impossible de saisir. Son regard de jai est sa force et sa faiblesse, et elle l'a tout de suite remarqué. Il y cache tout ses maux mais y puise aussi tout la douceur qu'il possède. C'est un Prince qui n'est généreux qu'avec les personnes chères à son coeur. Il a connu et perdu l'amour, il est un Prince blessé.
Elle l'a rencontré au détour d'un jardin par l'intermédiaire d'une connaissance commune. Ce fut une alchimie qui se créa au fil des jours et des soirées à discuter. Il devenait un confident qui partageait des blessures similaires aux siennes, ils ressentirent le besoin de la présence de l'autre, tels des attrape-rêves tissant une toile protectrice contre l'amour et ses lames empoisonnées. Elle cherchait à comprendre ce Prince. Il était intrigant et attachant. Une habitude naissait entre eux, une relation existait. Mais le Prince restait inaccessible. Parfois, il laissait son coeur parler lors des douces nuits étoilées. Ses yeux se teintaient alors d'une lumière plus claire, la noirceur de son regard devenait plus satinée, prête à s'effacer. La fille espérait chaque soir que le Prince baisserait sa garde de fierté et pourrait lui partager un peu de sa noirceur, que leurs yeux se teintent de la même nuance et que chacun aide l'autre à adoucir son regard. Malheureusement, le Prince ne lui laissait pas l'occasion d'être plus proche, il avait comme une limite d'intimité, elle semblait l'avoir atteinte et plus rien, plus aucunes discussions ne la ferait être plus proche du Prince. De jour en jour, ils s'éloignèrent. Parfois, elle repassait du temps avec lui, chacun ressentait un manque du vide de l'autre mais le Prince restait tout de même enfermé dans son palais, laissant la jeune fille à l'extérieur, ne pouvant le rencontrer que dans le jardin. Elle essayait, elle essayait de le comprendre, elle cherchait des moyens détourné de parvenir chez lui, par diverses portes, des chemins dérobés pour apprendre plus de choses. Plus elle en apprenait de sa part par des chemins indirects, moins elle semblait le comprendre et elle se demandait même si un jour ils reparleront ensemble dans ce jardin, presque main dans la main, comme avant...
Le Prince était blessé, il était triste, il avait besoin de solitude. Il le lui apprit par une missive rédigée de sa main. La lire lui fit mal, elle se sentit idiote, et surtout si inutile. Elle voyait le Prince à sa fenêtre, il descendait parfois la voir, parfois non. Elle ne savait pas quoi faire, elle était démunie. Ses yeux charbonneux lui manquait, elle voulait s'y replonger et chercher la raison et la solution de la situation désagréable où était son Prince. Rien n'y faisait, il s'enfuyait et s'enfermait dans le palais à chaque mots échappés pour le comprendre. Elle avait peur, tellement peur qu'il reste enfermé, renfermé, qu'il n'ouvre plus les portes et souffre en secret, en silence, seul. Voir le Prince roder sans but lui broyait le coeur, elle le voyait de loin, elle se souciait de lui, mais ne pouvait rien faire pour apaiser ses souffrances. Le silence était un nouveau mur entre eux. Alors elle attendait, et en attendant son Prince, elle lui écrivait des missives. Parfois elle les lui envoyait directement, parfois par le biais d'une personne tierce ou d'autres fois elle les jetait... Elle écrivait, et lorsqu'elle pouvait lui parler, elle faisait attention à ne pas blesser le Prince, à être gaie et divertissante, c'était tout ce dont elle était capable.

Et puis un jour, le temps faisant, il ouvrit ses portes et elle put découvrir les secrets du Prince. C'était la première fois qu'il dérogeait à son habitude ferme de ne jamais laisser une personne voir tout cela. Il apprit que de ne pas être le seul à supporter cela, d'avoir une épaule sur laquelle se reposer, une main à serrer, un regard à croiser était bien plus qu'une aide, c'était un réconfort qu'il n'avait jamais connu. Il réalisa qu'en plus de la jeune fille, il était entouré de personnes importantes dans sa vie qui étaient prêtes à supporter le poids de ses maux si il était trop dur pour lui de les supporter.
Il ne changea pas en une nuit, mais le Prince aux yeux noirs ouvrit son coeur et une nouvelle étoile se mit à doucement briller dans son regard, l'étoile de l'espoir d'un avenir moins aride et terne.

mercredi 19 novembre 2014

J'ai encore toute la vie pour faire des erreurs

Ce soir je voudrais vous partager une expérience qui m'a en quelques heures fait beaucoup de bien et m'a beaucoup changée.

Tout d'abord je vais vous présenter le contexte : 

Je suis en première année de majeure en Sciences Politique à l'Université de Montréal. L'année dernière j'étais en première année de baccalauréat en Sciences Politique mais cette année ne s'est pas bien passée, j'ai eu une trop mauvaise moyenne annuelle et j'ai été exclue de ce programme, c'est pourquoi je recommence Sciences Politique mais en majeure. (lexique système universitaire québécois ici)

Pourquoi je suis en Sciences Politique ? Car je ne sais pas ce que je veux faire et que c'est général. Ces questions du "après", du "quoi faire après ça", des "ça te mêne à quoi" ... envahissent ma vie depuis... presque 3 ans, depuis que j'ai trouvé cette voix qui n'était pas si pire et qui me permettait en premier lieu de toucher des domaines qui m'intéressent (sociologie, politique), qui me permettait d'avoir de larges voix de sorties (journalisme, politique, communication...) et aussi, le dernier point mais qui malgré tout compte pas mal, qui me permettait d'être assez assurée de trouve un job pas mal à la sortie, un débouché assez concret donc dans le monde du travail.
Malheureusement je ne suis pas une bosseuse, et donc bosser sans motivation et envie, ça tanne rapidement.
J'ai eu cette petite révélation l'année dernière, ce qui (entre autre choses plus personnelles) m'a fait sombrer et rater mon année. Je n'avais aucun but, aucun objectif, je ne savais pas pourquoi je faisais ça, je trouvais de moins en moins de choses qui me plaisaient dans les cours que je survolais suivais. J'ai donc commencé à me poser de vraies questions sur ma vie, sur mon avenir.
J'étais tout de même engagée à terminer mon cursus de 3 ans de mon bac, même si cette première année avait été rude.
Puis, en plein été en France, je reçois ce mail qui m'indique que je suis exclue du programme. On s'affole, hors de question que je rentre en France, pour quoi faire, pas l'université pour glander, comment rester à Montréal, comment rattraper le coup, est-ce que ça aura une répercussion sur mon parcours ... ? Et puis la solution arrive, je peux m'inscrire en majeure en Sciences Politique, tout va bien, on se calme, et on verra sur place après.

Je me retrouve donc en majeure, ce qui fait qu'après mes deux ans en Science Politique, je dois trouver quoi faire pour ma mineure. Il faut absolument que je trouve tout de suite pour organiser mon avenir, je me dis que je prendrais sociologie, ça complétera bien ma majeure et ça reste cohérent. Je suis rassurée, tout semble bien organiser.

Et puis on reprend les cours, je repasse certains cours de l'année dernière et je me fais le plaisir de prendre un cours de japonais. L'intérêt des études renaît un peu, je vais mieux que l'année dernière, mon environnement est devenu plus sain, tout semble aller pour le mieux.
Malgré tout, la France me manque, je me pose des questions sur mes choix, j'ai des périodes de grosses pertes de motivation (que je n'ai jamais vraiment...), je me culpabilise, je me sens mal.

Puis, je me prend en main. Je vais d'abord voir une psychologue en apprentissage, elle me donne quelques clefs pour mieux m'organiser, je la vois deux fois, elle n'a pas changé ma vie mais elle m'a aidé, ça a fait du bien de parler même en surface de mes problèmes, elle m'a encouragée et c'est pour moi une première étape pour reprendre ma vie en main.
Ensuite, je m'inscris dans un atelier de création littéraire. On est une dizaine, c'est enrichissant, un nouvel environnement complètement décalé de mes études, on écrit, on échange, ça me redonne le goût d'écrire, j'arrive enfin à finir un chapitre de mon roman et je reprends sérieusement motivation pour le continuer.

Et enfin, aujourd'hui, je suis allée à un atelier intitulé "Redéfinir son projet".

Nous étions une petite dizaine, de tout horizons, de tout âges (j'étais la plus jeune avec mes petits 19 ans) et de toutes formations.
Et nous avons commencé par un petit exercice qui consistait à écrire autour du mot "Plaisir" tout les mots qui nous venait, et ensuite lier ces mots avec d'autres en rapport.
Après on devait les mettre dans des catégories et sélectionner ceux qui seraient en accord avec notre projet professionnel/d'étude/de vie.
Suite à cela, nous faisions un constant de cette sélection et nous en discutions.

Nous avons beaucoup discuté et c'était tellement, tellement ... riche !
Je ne vais pas vous dire ce qu'on a dit, mais je vais vous partager ce que j'en retire, car c'est le plus important.

J'ai 19 ans, depuis que j'ai presque 14-15 ans je dois savoir ce que je veux faire, l'entourage nous pose des questions, à l'école on doit avoir une idée car cela va dépendre de notre orientation, quel lycée, quelle filière, pourquoi, pour faire quoi après ... Alors moi, quand j'ai choisi Science Politique, que j'ai découvert cette filière je me suis sentie libérée, je faisais partie de ceux qui savent où ils vont, qui peuvent dire à leur grand-parents ce qu'ils vont faire, à leur professeur quelle filière et pourquoi, je me sentais rassurée.
J'étais convaincue jusqu'à il y a quelques heures qu'il faut absolument savoir ce qu'on veut faire plus tard pour correctement avancer, il faut se projeter loin, dans notre future vie active pour faire les bons choix, les bonnes études et réussir le bon parcours.
Et le fait de ne pas savoir, ne pas avoir ce colis qui m'attendais au bout du chemin avec mon job tout frais comme récompense, ne pas savoir où j'allais, ça me faisait peur. C'est vrai que ça me fait toujours peur, mais différemment, c'est moins violent.
Quand je me suis exprimée lors de l'atelier pour dire que je ne savais pas où j'allais, pourquoi je faisais ça, j'ai failli craquer et pleurer. Oui, pleurer, car ça me tient vraiment à coeur le fait de ne pas savoir, j'ai vraiment vraiment peur de mon avenir.
Mais quand on a 19 ans, on a toute la vie pour se tromper, pour essayer et recommencer.
Ce que j'ai compris c'est que si je ne savais pas ce que je voulais vraiment faire plus tard, ce n'était pas grave, vraiment pas. Pourquoi ? Car tout d'abord, je ne suis pas la seule. Autour de moi il y avait des trentenaires, qui avaient fait 2 baccalauréats totalement différents, commençait une maitrise, se remettait aux études, et aucuns ne savaient ce qu'il voulait faire plus tard.  And so what ? Et bien c'est pas grave, ils ont essayé des choses, ces choses leur on fait réaliser qu'il ne voulait pas faire ceci mais plutôt cela, et ils se sont construit ainsi.
On doit apprendre aussi, et ça c'est vraiment important, qu'on ne perd pas son temps en se trompant. Ce n'est pas parce que plus tard je ne vais pas travailler en Sciences Politique que j'aurais perdu mon temps, je n'ai pas de retard sur mon avenir, si je rentre dans la vie active à 25 ou 30 ans c'est que j'ai du faire des choix pour mon bien, pour savoir ce que je voulais faire. 
Si on n'avait pas fait les choix que l'on a fait, si on avait pas pris les risques que l'on a pris, nous ne serions pas les personnes que nous sommes, nous n'aurions pas rencontré ces amis, ces connaissances, on aurait pas la vie que l'on a. Est-ce qu'on a gâché 2, 3 ans de notre vie à étudier dans un domaine sans lien avec notre métier futur ? Non, car si on l'a fait, on a pu se rendre compte que ce n'était pas pour nous et ainsi se rediriger autre part.
Autre chose, par rapport à l'âge. Je suis en Science Politique car j'avais des réelles motivations pour travailler dans un domaine lié à ça, et puis j'ai grandi, j'ai changé, j'ai découvert des choses, j'ai appris à mieux me connaitre, et c'est en changeant que je me suis posée la question si je voulais vraiment faire cela. Je vais peut-être partir en études Est-Asiatique après, mais peut-être que dans 3, ou 5 ans je sentirais que ce n'est pas ça qui me motive vraiment et je changerais encore. Mais la vie nous change aussi, nos gouts évoluent et c'est normal que nos intérêts aussi.
Ce n'est pas une raison je pense pour s'éparpiller non plus et trop tâtonner, mais il faut se pardonner de ne pas trouver tout de suite ce que l'on veut faire et notre parcours. Certains ont une passion très jeune et l'auront toute leur vie, d'autre la chercheront toute la leur.
Il faut simplement prendre le temps à un moment de se demander, est-ce que je fais quelque chose qui me plait, qu'est-ce que je veux vraiment ? Nous allons travailler pour 35-40 ans pendant notre vie, c'est énorme, et il faut savoir qu'un projet professionnel c'est avant tout un projet de vie.
Il faut apprendre à se connaitre, à devenir plus patient, à accepter de ne pas être sur de soi, et avoir confiance en notre avenir, aussi flou peut-il être.

J'ai eu des moments de gros doutes concernant mon installation à Montréal, mais après avoir eu cet atelier, je me dis que pour rien au monde je ne remplacerais ce choix par un autre. Je me suis construire ainsi, et je vais maintenant apprendre à ne pas râler pour un rien dès que j'ai le mal du pays, je ne vais plus prendre de décision sur le long terme tant que je ne suis pas sure de moi, je me laisse le temps de voir, de savoir ce qu'il me faut.
J'ai 19 ans, j'ai toute la vie pour faire des erreurs, je ne vais pas m'enfermer maintenant dans un projet de vie ficelé, scellé et tout organisé de A à Z.
J'ai foi en moi, en ma vie et pour le moment, je suis fière de mon parcours et surtout, de me reprendre en main après les moments de doutes existentiels très difficiles que j'ai traversé.

Cet article est très long, merci à toi d'avoir lu jusqu'au bout.

mardi 18 novembre 2014

Exercice d'écriture [Thème : Famille + Flan ]

Je fais partie depuis quelques semaines d'un atelier d'écriture proposée par l'université. On s'y entraine à faire des petits exercices pour nous donner le gout d'écrire, nous apprendre des façons de trouver de l'inspiration, ce genre de chose.
La dernière fois nous avons fait un exercice qui a fait que nous devions avoir deux mots sans aucuns rapports et avec ceux-ci nous devions écrire un poème en prose.
Je ne pourrais dire si j'ai réussi l'exercice, mais j'ai bien aimé ce que j'ai pu écrire donc je vous le propose ici.
Mes deux mots étaient : Famille et Flan ! 


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Source

L’hiver est doux. Sa douceur s’échappe de la cuisine de maman, elle fuit de la cheminée et nous enveloppe tous les quatre. C’est l’hiver et nous sommes ensemble. Papa finit de découper la viande, maman arrive avec le gratin et ma sœur et moi humons ces bonnes odeurs. C’est l’hiver mais il ne fait pas froid. La table est nappée de rouge, les sourires sont sur les visages, le vin colore les joues et l’amour lie les cœurs. C’est l’hiver et les repas sont longs, longs et bons. Le flan de maman arrive, il est tout chaud, il est tout beau. Comme deux enfants ma sœur et moi nous nous précipitons, et nous nous régalons. C’est l’hiver, et cet hiver, la neige ne glacera pas nos cœurs.