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lundi 30 décembre 2013

Rétrospective 2013

Mon année 2013 ... Je ne saurais la résumer qu'avec un seul mot : riche. Riche en évenements, en découvertes, en nouveautés, en premières fois, en aventure, en souvenirs ...

En 2013, j'étais en terminale ES. J'ai passé en mars de cette année le concours pour Sciences Po Paris à Poitier, au Futuroscope (que j'ai visité en famille pour l'occasion). Je ne l'avais pas préparé par choix, j'ai donc échoué par choix. J'ai découvert la Bourgogne durant ces vacances.

Est née en moi, le projet de partir étudier en sciences politique à Montréal, ça prenait toute ma tête, mais je n'arrivais pas encore à le dire à mes parents. Je n'osais pas leur dire, que leur fille de 17 ans, voulait s'envoler au Québec dans quelques mois, et y habiter pour au moins 3 ans le temps de sa licence...

J'ai passé mon Baccalauréat, mention bien, 15 de moyenne. Bonheur.
Fin du lycée. Enfin.

Vacances entre amis à l'océan. Une semaine, des souvenirs, les derniers ensemble avant .... 3 mois.

J'ai fait une rencontre par internet datant d'octobre 2012. Une rencontre étonnante, qui s'est mue en flirt, en amitié, en complicité, en une relation de plus en plus forte ... en une rencontre décisive.
Cette année a été marquée par cette rencontre toute particulière. Je l'appellerais ici par G, aucun lien avec son prénom.

J'ai été acceptée à l'Université de Montréal, admise officiellement. Prémices d'un nouveau départ ...

J'ai fait un voyage au Pérou, pendant 3 semaines. Un voyage extrêmement riche en paysages, souvenirs d'images uniques, comme le Machu Pichu, la cordillère des Andes enneigées, Lima, ou Cuzco.

Au retour du Pérou, je commence et fini la préparation de mon départ pour le Québec.

On apprend le cancer de la gorge de mon père. Je vais partir dans quelques semaines.

25 août, je m'envole pour Montréal avec ma mère et ma soeur qui sont parties m'aider à m'installer, aide physique et psychologique aussi.

Je me suis éloignée de G, la réalité de la distance qui nous sépare à présent fait mal, les sentiments s'attisent, comme pour créer des ponts solides sur cet océan qui nous sépare à présent.
Une relation sous le thème de l'ascenseur émotionnel, on vacille entre des choses comme le bonheur, des sentiments, une attirance et parfois de la tristesse, un peu de déception, du désespoir, le pessimisme ...

Début d'études vivants, avec initiations, soirées, rencontres en masse. J'ai 18 ans. Je le fête avec des gens avec qui je trainais à ce moment, avec le recul je me suis rendue compte de leur non-intérêt pour moi. Enfin, sauf un.
Puis vite le désenchantement, perte de motivation, renfermement sur moi-même, oscillement entre perte d'espoir et espoir avec G, blues et malgré un retour en France d'une semaine en octobre, je n'arrive pas à retrouver de motivation, à sortir voir des gens, à être heureuse...
Seul G m'aide à aller mieux parfois.

Puis les examens arrivent, la réalité me frappe : je ne validerai qu'un ou deux cours, c'est officiel.
Qui dit examens, dit fin d'année et donc retour en France pour les vacances de Noël.
Je vais voir G à Paris, bonheur.

Je rentre en France, le plaisir de rentrer à la maison, retrouver ses marques. Mes parents m'organisent une fête d'anniversaire surprise avec tous mes amis au complet pour mes 18 ans.
Noël en famille, début d'un sentiment de distance vis à vis de ma famille. Je suis contente de revenir à la maison, mais le retour à la dépendance parentale m'agace. J'ai besoin de m'émanciper.

Je vois G à Paris, le lendemain il part vers un autre pays, pour un an. On s'aime le temps d'une journée. Séparation déchirante.

Et puis voilà, on y est, on est le 31 décembre 2013, cette année se finit demain, entre amis, pendant une fête, dans la joie et dans l'alcool.
Mais je voudrais être avec G.

Dans quelques jours c'est le retour à Montréal, nouvelle session, nouveaux cours, nouveau départ encore une fois.

Bonne année 2014 !

samedi 9 novembre 2013

J'aimerais

J'aimerais y croire. Avoir le droit, encore une fois d'espérer. De continuer à faire ce que je fais de mieux, imaginer un beau futur, une fin heureuse.
J'aimerais me dire que c'est possible, et j'aimerais m'en convaincre.
J'aimerais pouvoir être patiente et assez forte pour attendre que ça soit possible, que ça devienne réel.

Mais je sais. Je sais que tout ceci n'est qu'une mascarade, je sais que nous avons voulu jouer trop longtemps. On s'est amusé, on a suivi des règles, on en a brisé, on a pleuré et on a été heureux parfois, j'espère. On a vécu notre jeu jusqu'au bout, mais cela est fini, n'est-ce pas ?
On dit que c'est fini ... mais est-ce que cela a jamais commencé ? C'était une illusion ce jeu, un jeu de miroirs, un jeu d'espérances, de futurs flous et impossibles.
Nous étions comme deux jeunes enfants, qui ne comprenaient pas que le Temps était leur ennemi le plus puissant, que la réalité ne permettait pas les jeux d'enfants, ni les rêves d'enfants.
Et pourtant ... j'ose espérer, encore et toujours, du plus profond de mon coeur, que l'on ne perd jamais nos rêves d'enfant, que l'on oublie jamais ce qui nous a fait rêver.

Tous ces rêves d'enfants auxquels je m'accroche désespérément, je ne veux pas les voir disparaitre au fond de ma mémoire. Et même si je sais que c'est vain, je veux continuer à y croire, à croire en l'espoir qu'ils portaient, croire au bonheur qu'ils amenaient à vivre.

Et après tout ça, j'aimerais que toi aussi tu veuilles y croire, et j'aimerais que tu t'en souvienne, de nos jeux d'enfants amoureux.

lundi 16 septembre 2013

Ecrire c'est aimer.

Je veux écrire, mais parfois, seule l'envie est là, l'inspiration ne vient pas. Alors on pose quelques phrases, on espère avoir une idée, que cela va donner quelque chose de bien au final, qu'on sera lu et apprécié ... Mais on ne sait pas, on ne peut pas savoir si on va réussir à faire quelque chose de bien alors on continue d'écrire, et on verra bien.

Je ne sais pas très bien inventer des histoires, et pourtant j'adore cela. C'est bête hein, aimer quelque chose et ne pas réussir à bien le faire ? C'est comme aimer quelqu'un parfois, et ne pas savoir lui dire, ne pas pouvoir lui montrer. On ne trouve pas les mots non plus, on ne sait pas comment mettre nos idées, nos pensées à plat pour que ça donne quelque chose. Alors voilà, écrire c'est une histoire d'amour au final. On se lie à ce qui se passe, c'est entre nous et ce qu'on imagine. Ne pensez pas qu'il faut être fou, ou affreusement solitaire pour vivre ce genre d'histoire. Je ne le suis pas le moins du monde (du moins je ne suis pas solitaire) et pourtant j'en vis des histoires d'amour littéraire. J'ai eu des histoires lesbiennes et hétérosexuelles, j'ai aimé et j'aime encore ces personnages, ces histoires, ces vies.
Un auteur disait qu'il était très dur pour un écrivain de tuer son personnage, surtout son personnage principal. Encore une fois je reprend la métaphore de l'histoire d'amour. Tuer un personnage, le faire disparaitre c'est comme un chagrin d'amour. On a vécu des choses ensemble, on a construit quelque chose, et après un certain temps ça doit être fini. Des fois on sait dès le départ que c'est fichu, que ça ne marchera pas, qu'il y aura une fin malheureuse, et pourtant on continue, on s'acharne, on essaye d'y croire et de trouver un échappatoire.
Parfois, l'on aime tellement écrire, que l'on ne se sent compris qu'en écrivant, qu'en s'écrivant. On devient Narcisse qui se noie dans ses propres paroles, se suffit à lui même et à son imagination emplie de personnages aimés et détestés.

Et puis viennent les périodes de "break". On écrit plus, on y arrive plus, on n'arrive plus à aimer. Ecrire c'est aimer. Nos vies se confondent et nous n'arrivons plus ni à aimer nos personnages, ni nos amours réels. Nous devenons un peu solitaire, nous nous éloignons des choses fortes, celles qui vous transporte. On vit des choses, on expérimente mais on a perdu la chaleur d'antan, celle qui nous faisait écrire des lignes et des pages à la suite, celle qui nous faisait rencontrer Genna et les autres. On n'y arrive plus, on a la "flemme" de se poser et de passer du temps avec ces personnages et personnes que nous aimons, et qui nous aime. Pas besoin d'être en dépression pour ça, c'est un passage, c'est un moment de creux dans nos vies.

Un jour cela revient, on ouvre une histoire, on se replonge dans quelque chose. On se dit qu'on n'arrivera plus à aimer mais qu'on peut essayer d'y croire au moins. Alors on reprend la plume ou le clavier, et on se remet à vivre des choses.
Il suffit parfois simplement d'un nouveau départ, d'un élément nouveau pour nous faire changer, pour nous redonner la foi. Tous le monde change, tout change. Mais nous restons toujours lié à ce dont nous avons vraiment besoin.

Si un jour tu tombes amoureux de la plume, si à un moment de ta vie, enfant, jeune, adulte, tu as gouté au plaisir d'écrire, d'imaginer, de poser tes idées, tes pensées, tes rêves, ta vie, ce plaisir là tu le retrouvera un jour.
Ecrire c'est aimer, c'est comme un premier amour, et on oublie jamais notre premier amour.

samedi 15 juin 2013

Nora Gaspard: La parenthèse

Texte de Nora Gaspard : 
Corps nu, cuisses écartées, dans l’attente et le désir. Respiration douce mais impatiente. Une jambe fléchie, repos ultime, vie d'épure. 
Ses mains remontent mes cuisses, la pâleur de ma peau douce sous sa poigne, contraste permanent de nos vies en percussions répétées. Ses doigts approchent de mon antre, l'air manque. Délicatement, ses pouces dessinent l’arc autour de mes lèvres humides, se faufilant entre la peau et la chair, comme si mon sexe était le noyau d’un fruit délicat. Les paumes à la base de mes fesses, les petits doigts pressant la corolle fragile, les phalanges généreuses dessinent une parenthèse autour de moi… Me racontant l'histoire de nos heures présentes, sa gourmandise ouvre la porte de mon plaisir. De la pointe de la langue, il écrit son incise au sommet de mes frissons, en se délectant de mes humeurs acidulées. Il divague et réécrit l'histoire, explore passé présent ou pas, glissant des relatives, des complément de temps, des digressions alanguies à mes soupirs gémissants. 
Entre mes pieds, son sexe durcit.



Découvrez d'autres délicatesses sur le blog de Nora Gaspard (cliquez-ici pour visiter son blog) ;-)

jeudi 13 juin 2013

Brut.


Haut les cœurs. On est encore là. On a encore des choses à vivre. On peut encore crier, pleurer. Mais, qu’est-ce que t’as à pleurer ? Oui c’est pas bien beau mais que veux-tu ? C’est comme ça la vie, c’est comme ça les faux coups de foudre. C’est presque plus douloureux de voir briser un rêve qui restait irréel. Alors oui c’est pas bien beau mais : Haut les cœurs. Tu sais tu vaux mieux que ça. Tu es honnête, les mots sont sensibles et tu le sais, toi. C’est pas tout de le savoir, faut y faire attention.
Alors moi j’ai peur, moi j’ai peur. J’ai peur de pas savoir faire face aux mots, doux ou violents je sais jamais comment réagir. C’est ça aussi vivre, c’est avoir peur.
C’est pas facile de changer, essaye de changer de petit-déjeuner. Une habitude ça te bouffe. Essaye d’expliquer ce que tu peux pas avoir. Essaye de dire ce que tu ne veux pas, ce dont tu rêves. Vole et roule les fenêtres ouvertes. Fais-toi gifler le visage par le vent chaud d’été. Seule. Seule tu l’es et ce soir tu le ressens encore plus fortement. Tu te rends pas compte mais  quand même t’aimes ça être seule. Au moins avec toi-même t’es pas mal jugé, c’pour ton bien au pire et tu peux rêver sans qu’on te pollue de pessimismes qui te rongent. Ment pas, arrête, la seule personne qui t’aimera sera toi. Donc essaye un peu de t’aimer avant d’aimer. Car si tu ne le fais pas, quand tu te retrouveras seule tu seras malheureuses comme jamais. La solitude s’accompagne mieux si tu aimes la seule compagnie que tu peux avoir. Oublie les autres, arrête de chercher, arrête de regarder ailleurs. Compte sur toi, le soir quand ça va pas. Reste avec toi et va fumer, va prendre l’air et te découvrir.
Formidable non ? Tu es sur que maintenant même seule tu ne seras pas laissé pour compte.

lundi 10 juin 2013

Quatre sous les pins.

( A nouveau un début de nouvelle que je n'ai jamais terminé, du moins pour le moment ... Je vous le partage, car j'aime quand même mes personnages et je pense vraiment qu'un jour je terminerais cette nouvelle. )
Source photo : http://all-and-nothing.tumblr.com/

“Il roule depuis déjà trois heures, j’espère qu’on est bientôt arrivé. En plus je n’ai presque plus de batterie, je n’aime pas le silence de la voiture sans musique.” Mathéo râlait peut-être, mais qu’est-ce qu’il était heureux de venir passer quelques jours ici, sur le littoral landais. C’était des petites vacances qu’ils se faisaient, juste à quatre amis. Le hasard de leur rencontre avait fait qu’ils étaient un groupe équilibré, avec deux filles et deux garçons. Evidemment, comme dans beaucoup de groupes d’amis avec des membres de sexe opposé, il y eu des histoires entre eux, de courts essais de relation, mais l’amitié au fond ne peu se remplacer par de l’amour. Et inversement. Revenons-en à leur vacances. Mathéo, Justine, Lydia et Julian étaient donc en route depuis 3h pour une semaine de vacances. Ils s’étaient juré de ne pas emmener de boulot, de ne pas penser au boulot à faire en rentrant et s’offrir de vrais vacances.
Lydia avait ouvert les fenêtres de la voiture, et l’air chargé de l’odeur des pins rempli l’habitacle. “Cet air-là peut guérir un chagrin d’amour, c’est testé et approuvé! Véridique, je ne crois pas connaitre de meilleur remède à la déprime ou à la baisse de tension. Donc les gars, un conseil, si un jour vous n’êtes pas en forme, venez ici, mais prévenez moi que j’en profite aussi !” La bonne humeur de Justine réussit à convaincre Mathéo d’éteindre sa musique et de passer les derniers kilomètres à discuter avec les autres. Justine le sourire encore aux lèvres suite à sa phrase d’introduction des vacances repensa tout de même au réel besoin qu’elle avait eu de venir ici quand elle rompit 8 mois plus tôt. “Anyway, pensa-t-elle, c’est du passé, je suis heureuse de goûter à cette région avec mes amis. Que j’ai hâte qu’on s’installe! Mais j’ai faim…” C’est cette dernière pensée qu’elle exprima à voix haute aux autres. 
-On va essayer de s’arrêter dans le premier bled qui a un restau sympa, décida Julian, le conducteur officiel de cette petite bande. Je sais pas de quoi vous avez envie, mais un kebab à emporter à manger sur la plage me plairait assez… 
-Un kebab ici ? C’est pas la cité Ju’, on trouvera une sandwicherie sympa avec des frites au mieux je pense. Puis manger un kebab sur la plage, avec le sable, ça risque de finir étrangement croquant… 
-Lydia, soit pas si pessimiste, on trouvera bien quelque chose à emporter. En plus, si je me rappelle bien, c’est toi qui avait fait tombé ton kebab par terre l’autre soir. Non ? répondit malicieusement Mathéo. 
-C’est décidé, le premier boui-boui à emporter on s’y arrête, et on roule jusqu’à la plage pour déguster un festin face à l’océan, conclut-donc Julian. 
C’est ainsi qu’après une petite heure de route en pays landais, Mathéo toujours le nez par la fenêtre repérera le premier le vendeur de plat à emporter. C’était un petit producteur qui faisait quelques soirs l’été des plats à emporter pour les voyageurs en vacances. Il proposait donc de bons petits plats à base de canard notamment, mais aussi des soupes ou des salades composés. On voyait à son visage brunit par le soleil qu’il aimait travailler dehors, et selon sa pancarte qui indiquait en gras “PRODUITS DE LA FERME, BIO” qu’il aimait les bons produits. 
Lydia qui était la vraie citadine de la bande avait parfois des goûts bien carré et suivant souvent la mode bourgeoise … “Oh super, un producteur bio, on a qu’à acheter chez lui” déclara-t-elle donc très enthousiaste. 
“Attends, on va voir un peu les prix de ses plats, je te rappelle qu’on a un budget à tenir. Même si c’est les vacances, ‘faut pas se ruiner !” précisa Julian. 
Mathéo qui avait quand même très faim, ne se fit pas prier pour aller voir les prix. “Si on prend une salade landaise avec des gésiers pour quatre on en a pour 8,50€, ça vous va ? En plus je pense qu’on aura assez vu la quantité !” 
“Vous avez de la chance, avec ce plat j’offre en plus un demi pain, vous aurez de quoi vous nourrir pour ce soir ne vous en faîtes pas.” ajouta le fermier. 
“Vous êtes tous d’accord? demanda finalement Julian, de toute façon je ne sais pas si on trouvera autre chose plus loin à cette heure-là, et c’est vrai que ça donne envie!” 
Justine qui était un peu la trésorière pour les vacances, paya leur salade avec les gésiers encore tièdes et ils montèrent tous à sa suite dans la voiture en direction de la plage. 
Arrivé à la plage ils purent observer le soleil encore brillant sur l’océan calme. “C’est vraiment chouette l’été, déclara Justine tout bas, sa sensibilité facilement touchée, un tel spectacle c’est pas donné à voir tous les jours! 
-En même temps tu sais, ce n’est que le reflet du soleil sur l’eau, il n’y a rien d’exceptionnel à ça. 
-Toujours aussi poétique Julian, il n’y a pas que les sciences dans la vie! La beauté se trouve absolument partout, ouvre un peu les yeux et tu verras que la nature regorge de petites merveilles. répliqua vivement Justine. 
-Continuez à vous engueulez comme vous voulez, mais au moins asseyez vous et donnez nous à manger s’il vous plait. 
-Mathéo a très faim, donc c’est un conseil qu’il vous donne si vous vous voulez pas qu’une troisième personne se mette à crier ici ! appuya Lydia." 

[Suite bientôt ]

dimanche 26 mai 2013

Hell - Lolita Pille




“Nous avions inventé la lumière pour nier l’obscurité. Nous avons mis les étoiles dans le ciel, nous avons planté les réverbères tous les deux mètres dans les rues. Et des lampes dans nos maisons. Éteignez les étoiles et contemplez le ciel. Que voyez-vous? Rien. Vous êtes en face de l’infini que votre esprit limité ne peut pas concevoir et vous ne voyez plus rien. Et cela vous angoisse. C’est angoissant d’être en face de l’infini. Rassurez vous; vos yeux s’arrêteront toujours sur les étoiles qui obscures leur vision et n’iront pas plus loin. Aussi ignorez le vide qu’elles dissimulent. Éteignez la lumière et ouvrez grand les yeux. Vous ne voyez rien. Que l’obscurité que vous la percevez plutôt que vous ne la voyez. L’obscurité n’est pas hors de vous, l’obscurité est en vous.” 
— Citation du roman Hell de Lolita Pille. 

Un roman brut, une écriture simple, vulgaire, mais qui apporte une sensibilité au plus près des émotions des protagonistes. Ce n'est pas une oeuvre d'art, ce n'est pas très littéraire mais il a une puissance naturelle, des phrases courtes, un rythme angoissant, triste. C'est une tragédie, une tragédie contemporaine. Il parle de drogue, de sexe, d'une jeunesse perdue dans l'incompréhension d'un monde qui a tout. C'est le cri d'une élite qui a tout depuis toujours, qui ne se battra jamais pour réussir ou briller. Des jeunes filles et jeunes hommes avec des comptes en banque impossible à vider et une vie qui se vide de jour en jour de son sens. 


«Et ta débauche ne leurre qu’un instant ton désespoir caché.»