vendredi 28 février 2014

Un matin glacial ensoleillé.

"Et puis un jour on passe à autre chose, on ouvre nos paupières closes, un matin on sait pas pourquoi, on sait pas comment, mais ça va."

Il est arrivé un matin, comme ça, ni en frappant à la porte ni en lançant de petits cailloux à ma fenêtre. Mon coeur n'était pas prêt pour s'ouvrir aux autres : il faut dire qu'il avait un peu souffert et était devenu méfiant. Mais ma tête, plus clémente, lui octroya le bénéfice du doute et lui offrit un peu de sa confiance. Cela ne lui suffisait pas à lui, car lui ce qu'il voulait c'était me posséder tout entière, que je sois dépendante de lui et qu'il soit le seul dans mon coeur pour toujours et à jamais ...
Il commença à me voir ponctuellement tout d'abord. Il savait qu'il arrivait à un moment difficile de ma vie comme le lui avait fait comprendre mon coeur trop fragile et trop fermé. Il avait donc eu la délicatesse de ne pas s'imposer dans un premier temps, ce qui ne l'empêchait pas d'essayer de marquer un peu mon esprit petit à petit ...
Le temps passa ainsi, parfois durant plusieurs jours d'affilés il ne se montrait plus, mon coeur et ma tête se laissait donc aller à leurs problèmes seuls. Puis il réapparaissait quand je m'y attendais le moins, un matin ou en fin de journée, il était là et il m'attendait. Alors on réapprenait à se parler, le contact se faisait graduellement plus proche et plus intime mais il n'était pas encore tout à fait sincère et ouvert. Il gardait une distance douce et attentionnée avec moi. Vous savez, les blessures que portent le coeur sont parfois tellement marquantes, qu'il ne sait pas correctement les gérer seul et cela devient difficile de s'ouvrir et de partager avec quelqu'un d'autre ses poids.
Il faut quand même savoir que le temps est terriblement guérisseur. Je ne m'en étais pas encore rendue compte mais lui l'avait compris et c'est pour ça qu'il était resté tout ce temps près de moi, se faisant tantôt omniprésent, tantôt distant.
Un beau matin, en même temps que ma tête se réveillait, disparaissaient en moi les barreaux de la cage retenant mon coeur pour le laisser se libérer doucement. Ce matin-là il tenait ma main, il était là près de moi. Je ne sais pas depuis combien de temps nous étions proches ni depuis combien de temps nous marchions côte à côte mais à ce moment cela m'apparu, il était revenu dans ma vie, il était vraiment là pour moi, et j'étais prête à m'offrir corps et âme pour lui.
C'était un matin glacial d'hiver, le soleil était levé et éblouissait le ciel bleu parsemé de ça et là de quelques doux nuages. C'était un matin nouveau, un matin où le Bonheur reprenait sa place auprès de mon coeur et de ma tête, où le Bonheur commençait de nouveau à m'accompagner et m'aidait à porter mes tristes souvenirs et blessures. C'est grâce à lui que je suis de nouveau sereine, que les nuits sont moins froides et moins mélancoliques, que les mauvaises nouvelles sont plus surmontables et que l'amour renait dans mon coeur. Un amour non pas exclusif et témoigné à une seule personne, non celui-là il faudra plus de temps et de chemin pour qu'il renaisse un jour mais un amour pour la vie, un amour pour mes amis, ma famille, pour les personnes que je rencontre, et pour lui tout simplement, le Bonheur.

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