samedi 12 septembre 2015

Le Quai des Brumes

J'écoutais cette playlist en boucle en écrivant ce texte, si cela vous dit vous pouvez l'écouter sinon ça n'enlève rien au texte.


J'aimerais juste m'asseoir dans l'herbe haute, ne plus voir le paysage et chercher ta main. J'aimerais pouvoir fermer les yeux, sentir le vent estival dans mes cheveux et le soleil essayer de percer derrière mes paupières et puis entendre ton souffle à mes côtés. J'aimerais juste qu'un jour je me réveille, que je sorte de ma tente à l'aube face à cette étendue naturelle et que je te vois revenir au loin de ta balade matinale.
J'aimerais croire en toi, j'aimerais croire que tu n'es pas partie définitivement mais je suis vraiment perdue maintenant, n'est-ce pas ? Alors je m'avance sur ce ponton et je regarde l'eau impassible de cet immense lac canadien. Je suis chanceuse peut-être d'avoir enfin été débarrassée de toi. Je suis peut-être chanceuse mais tu me manques terriblement et plus rien ne sera plus pareil. Tu sais ce que ça fait doit te perdre un membre, de perdre une partie de ton coeur comme ça sans prévenir alors que tu te reposais dessus ? Tu le sais toi ? Moi oui, oui je sais ce que ça fait. Et si tu veux savoir pourquoi, écoutes cette histoire. On arrivera peut-être ensemble à en retirer quelque chose de positif.


Ça a commencé il y a seulement quelques mois, environ 6 je dirais. J'ai fait exprès d'oublier ou je ne m'en souviens honnêtement pas, en tout cas il n'y a pas de date précise c'est sur. Je sortais depuis le mois de janvier dans des bars plusieurs fois par semaine, je n'étais pas si désemparée que cela puisse paraitre non, je cherchais simplement des endroits où passer du temps dans ma solitude mais en restant entourée d'une compagnie neutre. J'avais des amis oui mais on s'éloignait du fait qu'ils avaient des études et que j'étais en recherche active d'emploi, au chômage donc. Je cherchais alors des lieux où je pouvais oublier mon décalage de vie et ces bars, notamment ceux avec de la musique et des petits concerts me plaisent beaucoup. Elle était serveuse dans celui-ci, le Quai des Brumes il s'appelait (et s'appelle toujours). J'y allais depuis peu mais j'avais vite accroché avec son concept, il faisait jouer de petits groupes locaux, pas mal de jeunes, dans un bar à l'ambiance feutrée, aux bancs en bois et aux lumières tamisées. Je pouvais me fondre dans la masse tout en restant proche des personnes m'entourant. Un jour elle m'a laissé son numéro sur la facture, aussi cliché ou simplet cela puisse paraitre c'est comme ça que tout a commencé. Je ne l'avais pas vraiment remarquée à vrai dire avant ce jour, tout d'abord car je ne regardais pas les femmes du regard de celle qui attends un rendez-vous et puis car je ne cherchais pas du tout à rentrer en contact avec qui que ce soit. Je venais prendre des verres, me mêler à la foule et écouter la musique.
Ma vie me semblait si morne que ce numéro de téléphone me redonna comme un goût de fouet et le lendemain dans l'après-midi je l'appelais. Elle s'appelait Luna. Elle avait une voix douce et chaude et je lui fis tout de suite confiance. Elle me demanda si j'étais disponible pour que l'on se voit pour prendre un verre sur le Vieux Port et j'acceptais.
On se retrouva donc le jour même, chacune avec des bières au Vieux Port. Je la trouva accoudée face à l'eau, son sac en plastique pendouillant le long de ses jambes et avant de lui faire part de ma présence je l'observa à la lumière du jour. Elle avait les cheveux mi-long et violet, elle était vêtue d'une veste en jean par-dessus une petite robe légère noire qui était accordée à ses baskets noires.
Je l'interpella et en croisant son regard je sentis que quelque chose d'anormal avait commencé à vivre en moi. Je souris et l'invita sur la pelouse. Je lui ai posé beaucoup de questions cet après-midi là, plus que je n'ai donné de réponses. J'étais trop curieuse de cette fille, quelque chose était étrange en plus du fait qu'elle m'ait donné son numéro sans qu'on ne se soit jamais parlé.

Elle avait 24 ans et elle travaillait dans le bar de façon saisonnière, elle était à temps plein mais pas pour toute l'année donc. Elle adorait la musique et avait elle-même joué à une époque sur la scène du Quai des Brumes, c'était pour ça qu'elle avait voulu y travailler tout simplement. Elle aimait énormément voyager mais en vraie routarde, elle prévoyait souvent un lieu perdu dans la nature canadienne et elle décidait comme ça de si rendre avec sa tente et son sac de randonnée du jour au lendemain. Elle riait beaucoup et facilement, peut-être un peu trop même je me mis à penser à un moment. Mais je chassa cette idée un peu trop analytique pour me laisser transporter dans ses récits de clients originaux ou affreux, de ses concerts préférés, de ses découvertes de lac ou de chalets mystérieux... J'en dis peu sur moi, elle sut mon âge et ma situation mais pas beaucoup de choses de plus.
La nuit tomba et je commença à avoir froid. Étant donné que l'on s'entendait si bien et que de toute façon ni l'une ni l'autre n'avait autre chose à faire, elle m'invita chez elle. Elle avait un très bel appartement sur le Plateau dans une rue très calme. De son appartement elle avait accès au toit qui n'appartenait pas vraiment à quelqu'un en particulier. Une fois armées de gros pull amples qui sentaient divinement son odeur, on s'installa sur les deux chaises et elle prépara un joint. L'ambiance de la soirée devint beaucoup plus douce que l'excitation de cette après-midi. Nous ne parlâmes presque plus ou pour dire des banalités. Nos yeux tournés vers le ciel bien trop éclairé pas la lumière de la ville, nous cherchions les étoiles et je sentis qu'elle cherchait aussi ma main se balançant le long de ma chaise. Je ne dis rien et au début je lui rendis sa pression. Puis un éclair passa dans ma poitrine, j'étais en train de paniquer, j'eu peur, tout ça allait trop vite pour moi, quelque chose n'était pas normal, pas normal pour moi qui avait une vie bien trop plate et monotone depuis trop longtemps... Je réagis plus calmement que ce qu'il n'y paraissait dans ma tête et je lui expliqua qu'il fallait que je rentre en sortant une excuse certainement bien nulle.
Elle ne me retint pas et je rentrais chez moi les mains dans les poches nerveusement et un peu honteuse. Je ne pouvais pas commencer une relation comme ça avec une fille que je connaissais à peine, et puis une fille... je n'étais pas hétéro moi ? Oh et puis je m'en fichais de ça en fait je ne faisais que me trouver des excuses pour ne pas céder. J'avais peur, bien trop peur d'aimer. Au final l'amour c'est quelque chose qui ne m'avait jamais offert beaucoup de bonheur, je n'avais jamais été très amoureuse non plus c'est vrai mais j'avais été en couple et j'en retirais le souvenir d'avoir été plus seule que jamais que lorsque j'étais célibataire. Si vous ne comprenez pas je ne peux pas mieux vous expliquer je suis désolée, je n'ai jamais voulu prendre le temps de me comprendre à ce sujet, j'avais un peu mal et je trouvais cela sans importance.
Luna me paraissait trop inaccessible, j'avais peur de rentrer dans sa vie comme un ovni qui n'y a pas sa place, j'avais peur de croire en elle pour me sortir de ma léthargie et qu'elle ne soit pas aussi pétillante que cette journée me l'avait montrée. Une journée... une seule journée que je la connaissais et je la considérais déjà assez importante pour prendre autant de place dans ma tête... J'étais rentrée chez moi ce soir-là les idées bien chamboulées et je m'endormis sur une série idiote pour éviter de me prendre plus la tête.

Le lendemain au réveil j'eus un texto, elle me disait qu'elle avait passé une très agréable journée et soirée avec moi et qu'elle espérait bientôt me revoir. Mon coeur fut un peu remué, un sourire se dessina sur mes lèvres et je serra mon téléphone contre moi. Que faire maintenant que j'avais semble-t-il abandonné tout idée de ne plus la revoir ? Je décida d'attendre au moins le lendemain et d'aller voir un film par exemple ensemble... je lui proposais ni plus ni moins un rendez-vous.
Nous étions allé voir une comédie à la mode à ce moment-là, je ne me souviens plus vraiment du film étant trop obnubilée par sa présence et par le "après". Celui-ci ne me déçut pas et ce fut le vrai départ de notre histoire. Après la séance nous retournâmes donc chez elle et comme l'autre soir nous allâmes directement sur le toit pour cette fois simplement profiter de la vue. J'adorais monter sur les toits des immeubles et être ici avec elle d'un coup me donna une impression de légèreté comme jamais. Elle s'était approché de moi par derrière, elle avait passé sa main dans mes long cheveux bouclés puis sur ma nuque la caressant doucement et elle se mit face à moi. Nous restâmes un long moment à nous regarder, je tremblais de bien trop de sentiments divers à ce moment là et puis elle approcha sa bouche de la mienne. Ce fut mon plus doux baiser, elle me prit doucement dans ses bras puis m'emmena dans sa chambre. Je n'avais jamais fait l'amour comme cette nuit là, nos corps s'embrassait, nos bouches léchaient, caressaient, suçaient, nos mains touchaient, doigtaient, découvraient le corps de l'autre. Son corps était superbe, j'aimais ses seins blancs, j'aimais son nombril profond, j'aimais son pubis doux, j'aimais ses hanches dessinées, j'aimais ses cuisses rondes, j'aimais passer ma langue sur tout son corps et j'ai aimé comme jamais faire gémir quelqu'un avec. Nous nous endormîmes épuisées et heureuses.
S'en suivit les plus belles semaines de ma vie, nous ne nous voyions pas tout les jours ce n'était pas si fusionnel que cela aurait pu semblé mais quand nous étions ensemble c'était irréel. Je n'étais plus seule, j'étais deux. J'apprenais à vivre différemment, plus calmement, plus sereinement. Elle était toujours là pour moi quoi qu'il arrive, que ce soit un blues, une joie à partager, une colère à exprimer ou un doute à avouer, elle avait les mots pour me comprendre et me rassurer, elle était devenue mon refuge et mon confort. Je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mais ce n'est pas car je suis uniquement égocentrique que je ne parle que de moi, c'est qu'à l'époque je ne m'en rendais pas compte mais elle ne me partageait rien. Ou du moins rien d'important, aucunes blessures, aucuns doutes, aucunes tristesses réelles ou aucuns secrets. J'étais tellement heureuse dans ma bulle avec elle, elle était tellement gentille, folle, vivante et attentive à moi que rien d'autre ne m'atteignait. Je n'avais pas vu qu'elle souffrait, je n'avais pas vu que les soirs où je devais rentrer chez moi car elle travaillait le lendemain elle finissait par pleurer à s'en crever le coeur. Je ne comprenais pas que derrière chaque éclat de rire c'était un éclat de verre qui se brisait dans son coeur de cristal. Je ne pouvais pas le savoir, ne m'accusez pas de ne pas m'être suffisamment soucié d'elle, je l'aime comme plus jamais je ne pourrais aimer, elle avait beaucoup trop bien caché ses blessures. Elle portait au fond de son coeur un poids, elle était malheureuse. Elle l'était vraiment vous savez, ce genre de malheur qui vous suit comme une ombre. Elle n'avait pas eu d'accident particulier, elle n'avait pas eu de moment déclencheur dans son adolescence, elle avait toujours été malheureuse et lorsque dès très jeune elle avait comprit qu'on ne vivait pas comme ça dans la vraie vie, elle avait arboré ce masque jovial qui plaisait tant aux gens. Tout ça je ne l'ai su que plus tard, trop tard évidemment. Un soir elle fut un peu honnête avec moi à propos de notre rencontre, à propos de moi. C'était la première fois que je la voyais aborder un sujet un peu sérieux, intime et concernant notre relation directement. Cela aurait du me mettre la puce à l'oreille mais je n'en fis rien, bêtement.

Nous venions de faire l'amour, nous étions tendrement l'une contre l'autre et elle me fit remarquer qu'elle ne m'avait jamais vraiment expliqué pourquoi elle m'avait donné à moi son numéro de téléphone. Elle m'expliqua que depuis la première fois que j'étais venue dans ce bar elle m'avait observé. J'avais selon elle un rituel très simple. Je cherchais une petite table haute pour rester debout, je commandais un cocktail pas trop cher souvent à base de vodka, j'observais longuement les gens autour de moi en attendant le concert et puis bons ou mauvais je restais rivée aux artistes, jouant le rythme avec mon pied. Selon Luna j'étais très expressive et c'est ce qui l'a séduit tout de suite, elle pensait qu'une fille comme moi devait avoir plein de choses dans sa tête qui devait défiler sans cesse et que je devais être fascinante. Elle avait sentit comme une connexion et une ressemblance, notamment précisa t-elle quand il n'y avait pas de groupes qui jouaient et que je restais quand même seule à ma table, souriant poliment tout en buvant silencieusement mon cocktail. Ce sourire que j'arborais l'avait mis en confiance mais lorsqu'elle me confia tout ceci je ne réussis pas à comprendre qu'elle me parlait aussi de son faux sourire qu'elle porte elle en permanence. Je pris cette confession comme le plus beau compliment qu'elle pouvait me faire et je la remerciais en m'endormant dans ses bras tout en chuchotant pour la première fois ce je t'aime que je ressentais depuis bien longtemps.
Le lendemain s'était la fin de son contrat et elle m'avait prévenu qu'elle voulait qu'on parte juste toutes les deux. Elle connaissait un lac magnifique où peu de personnes allaient et où l'on pourrait s'installer pour quelques jours. L'été était arrivé, c'était le temps idéal pour faire cela. Elle me donna la journée pour m'organiser de mon côté, elle prévoyait de faire de même et vu qu'elle travaillait le soir nous devions nous retrouver le lendemain chez moi dans la matinée.

Source
Maintenant, ça devient plus douloureux de vous raconter ce qu'il s'en suivit. Comme vous devez l'avoir compris, ce séjour fut notre seul et dernier moment ensemble loin de tout. On arriva quelques heures plus tard, c'était elle qui avait conduit refusant de me donner le nom de l'endroit où nous allions. Elle était déjà différente, je le sentis à sa façon de parler rapidement et à ses petits tics de stress, mais pas de quoi m'inquiéter vu la façon dont elle m'avait maintes et maintes fois parlé de ses escapades en pleine nature, elle devait être terriblement excitée.
J'étais heureuse, si heureuse vous savez. J'étais avec la femme que j'aimais, nous quittions la ville et son bruit pour nous retrouver juste nous deux, juste nous deux dans cette immensité canadienne. Je ne comprenais pas comment c'était seulement possible d'avoir son coeur aussi remplit d'émotions si enivrantes...
La voiture arrêtée nous dûmes marcher une petite demi-heure avant d'arriver dans une petite prairie faisant face à un vaste lac. C'était magnifique, j'étais subjuguée par la beauté des lieux, les conifères entouraient comme une muraille bienveillante le lac brillant, un ponton en bois donnait une avancée presque irréelle sur l'eau et puis cette petite clairière qui n'attendait que nous... J'enlaça Luna et la remercia mille fois d'être dans ma vie. On s'installa, notre tente puis nos affaires et enfin le petit barbecue qui allait aussi servir de feu de bois pour la nuit.
Tout se passa normalement et magnifiquement bien, jusqu'à ce moment. Rien ne pouvait prévoir que Luna allait se comporter ainsi mais je pense bien aujourd'hui que c'est justement car je n'avais pas pu le prévoir malgré ses indices qu'elle éclata.

Nous avions terminé de manger et j'étais allée sur le ponton observer la nuit se refléter dans le lac, Luna se changeait. Elle vint me rejoindre peu de temps après et je dis ce qu'il ne fallait pas. Dis Luna, tu ne veux pas qu'on s'achète un chalet, on pourrait retourner tous les étés ici jusqu'à peut-être y emmener nos enfants, ça serait bien non ? Dis Luna, tu sais que je t'aime comme je n'ai jamais aimé, tu sais que je suis la plus heureuse au monde actuellement et tout ça je te le dois, donc merci d'être là. Voilà tout ce qu'il fallu pour tout briser, et pour être brisé elle l'était.

Mais qu'est-ce que tu racontes ? répondit-elle des larmes coulant sur ses joues. Arrête un peu, arrête, arrête ! Tu ne sais rien de moi, tu ne sais pas qui je suis vraiment, tu ne sais même pas ce que je ressens alors arrête, je t'en prie arrête. Ne m'inflige pas plus longtemps ce supplice, je pensais te calmer un peu en venant ici, que nous aurions refait le monde et parlé de nous posément dans le calme de ce lieux mais tu gâches tout. C'est trop, tu comprends ça Elsa ? Trop ! Il y a un nous mais il n'est pas dans tes mots, il est peut-être dans nos coeurs mais il n'est pas dans le futur. Arrête ça, je suis fatiguée de faire semblant, je suis fatiguée putain si tu savais comme je suis fatiguée. Je ne veux pas te quitter car tu sais, je t'aime. Il faut que tu me crois sinon plus rien n'aurait d'intérêt, sinon ça ne voudrait rien dire tout ça. Je ne peux juste plus t'aimer comme je t'aimais et tu ne pourras plus m'aimer non plus. Je pars Elsa. Tais toi. Je vais partir, j'allais t'en parler ne t'en fais pas c'était prévu. Tu ne sauras rien de plus car tu n'as pas à me suivre ni me retrouver. Je ne peux plus, j'ai mal, je suis fatiguée. Tu comprendras un jour je te le promets, je dois juste partir car tu es arrivée trop tôt dans ma vie, car j'avais trop d'attentes, car je pensais que tu me guérirais et même si tu m'as aidée, je ne peux plus t'aimer. Je n'aimerais plus personne Elsa, tu es la seule personne qui pourra compter pour moi mais je dois te quitter car je brûle avec toi et je vais mourir si je continue. Je n'avais pas prévu de te dire tout cela, je me suis énervée au début pardonne moi mais je ne pouvais pas te laisser rêver à un futur ou nous deux nous étions réunies. Pardonne moi un jour.
Elle pleurait en me disant tout cela sous le ciel étoilé de cette nuit d'été. Je ne comprenais rien, j'avais envie de vomir, je sentais mon coeur qui allait quitter ma poitrine mais je ne pouvais rien faire, rien dire, rien exprimer. Nous restâmes là pendant quelques temps, elle les yeux humides face à l'eau et moi les yeux secs, le coeur dur comme de la pierre la fixant. A un moment elle se retourna, prit ma main dans la sienne et m'emmena à la tente. Nous eurent notre dernière nuit d'amour déchirante, nos baisers au goût salé emportèrent nos corps dans un dernier pas de deux.
Pas un seul mot  n'avait été échangé depuis qu'elle s'était tue et nous nous endormîmes d'un sommeil lourd.

Je me réveillais seule. Luna avait disparue, elle n'était nul part et balayant l'horizon des yeux les mots qu'elle avait prononcé hier prenaient tout leur sens. Elle était partie. Mon coeur se brisa, il me fit physiquement mal et je m'effondrais dans l'herbe. Je pleurais tout en essayant de hurler ma peine, j'étais déchirée, je ne respirais plus. Mon esprit était embrumé, je ne comprenais plus rien tout en réalisant que plus jamais je ne la reverrais. Je pleurais à en avoir mal aux yeux, à sentir le poids de ma poitrine, à en perdre la tête. Je criais de désespoir dans cette clairière où j'étais plus seule que jamais. J'avais mal, si mal... Et je m'endormis instantanément assommée par ce chagrin trop dur à supporter.

A l'heure où je vous parle, je suis retournée à cet endroit. Nous sommes 5 ans plus tard, j'ai aimé à nouveau mais ce ne sera plus jamais pareil, Luna est toujours la seule personne que j'aime autant que la seule personne à m'avoir autant fait souffrir. J'en suis sortie plus attentive aux autres, j'ai réussi avec le recul à la comprendre comme elle me l'avait dit et même si elle me manque chaque jour et chaque nuit, j'ai réussi à avancer sans elle physiquement à mes côtés. Je suis plus forte aujourd'hui d'une certaine façon.
On m'a enlevé une partie de mon coeur mais tu sais, je me tiens aujourd'hui debout sur ce ponton et comme preuve de mon amour je porte en moi une future petite Luna.

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