mercredi 6 mai 2015

Et la vie reprit son cours.

L'hiver est enfin derrière nous. On n'imagine pas qu'il y a de ça à peine disons un mois on déprimait encore de ce froid qui nous collait aux baskets. Marre de chez marre, j'avoue que j'étais pas loin de péter une coche aux prochaines températures trop basses.
Et puis sans prévenir, le printemps (voir l'été maintenant) est arrivé sans aucune finesse mais personne ne le lui reprochera. Du soleil, du ciel bleu et encore tout de même du vent (beaucoup) mais qui fait du bien car il ne nous gifle plus et puis enfin les vacances. J'ai vraiment réalisé avec l'arrivé des beaux jours à quel point j'avais été en hibernation depuis le début du vrai hiver québécois (tu sais celui des -20° minimum, de la neige qui cache les trottoirs et du bonnet qui deviens ta deuxième chevelure).
Sur le moment on ne se rend jamais compte exactement de ce qui se passe, si l'on va mal pour une raison précise ou non, si c'est juste périodique ou bien si c'est plus sérieux. On ne peut pas facilement identifier le mal qui nous ronge. Ce n'est qu'avec le recul et la claque positive que je me suis prise avec le printemps que je me rends compte que c'était le jour et la nuit entre mon moi en hiver et celui d'aujourd'hui.

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Le problème quand on broie du noir sans en connaitre la vraie raison c'est que tout est sujet à expliquer cet état. J'ai blâmé le manque de ma famille et de mes amis en France, le fait de ne pas savoir quoi faire de ma vie et ma difficulté à étudier, l'impression de ne pas avoir d'amis du tout à Montréal et d'être seule, Montréal qui me paraissait fade et au final certainement pas adaptée pour moi mais aussi je m'en prenais de façon récurrente à l'hiver (c'était quand même évident qu'il jouait un bon rôle). Je me disais bien que la météo avait une importance dans mon état léthargique mais à ce point je n'y croyais pas et du coup je me rajoutais des poids pour me sentir encore plus mal et me lamenter. Je vivais donc parfois des périodes assez géniales où résonnait en boucle dans ma tête des "Je suis nulle de toute façon, je suis incapable de quoi que ce soit, et puis je suis seule, quelle idée d'être partie si loin pour rien faire de ma vie, quelle perte de temps, qu'est-ce que je suis stupide et inutile, dire que je dépense l'argent de mes parents pour cette vie, je suis pathétique".
Mais tout ça, c'était avant (j'ai toujours des lunettes de ce côté-là rien n'a changé). Je me sens revivre, je veux sortir quand il fait beau quoi qu'il arrive que ce soit sur la terrasse ou en ville pour se promener ou aller au parc. Je passe avec plaisir beaucoup plus de temps des amis en organisant diverses sorties. Je réalise à quel point j'ai certainement gâché au moins 4 mois à vivre un blues hivernal. Je ne sais pas ce que j'aurais pu faire pour m'en sortir mais en réalisant à quel point je suis bien dans ma peau à présent suite à l'arrivée de la chaleur je sais que j'ai besoin de ça pour être heureuse. Je cherche à partir avec mes études pendant l'hiver prochain mais si mes projets échouent je pense absolument trouver une job pour m'obliger à sortir de chez moi et me forcer à affronter et apprivoiser l'hiver.

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Ma petite expérience de cet hiver m'a permise de m'ouvrir les yeux sur beaucoup de choses. Je me suis remise en question et pardonnée beaucoup de choses. Je pense que lorsque l'on commence à trop s'en vouloir à propos de trop de choses sans vraiment de liens entre elles c'est qu'il y a un problème plus global et assez important sous-jacent. La vie me parait aujourd'hui tellement plus légère et facile à vivre c'est incroyable. J'ai l'impression que pendant plusieurs mois je vivais dans un gouffre six pieds sous terre en combattant des petits démons et que je viens enfin de trouver la sortie du tunnel et que je peux ressortir respirer au grand air.
Je suis bien, je suis épanouie, heureuse d'être à Montréal, d'être entourée et passer plus de temps avec mes amies. Je suis plus sereine sur mon avenir même s'il semble toujours aussi flou et bancal. Je ne m'encombre plus de planifications stressantes que je ne tiens jamais et qui me font culpabiliser bêtement. Je ne deviens plus dépendante des réseaux sociaux comme un refuge dans mon mal-être. Je veux rencontrer de nouvelles personnes IRL (in real life) et je n'ai plus peur de faire le premier pas ou de créer des nouveaux liens.

Si j'étais seule pendant cet hiver et que cette solitude me pesait c'est aussi car je me sentais trop mal pour être capable d'aller vers les autres. Lorsque l'on se sent triste et déprimé même si tout le monde nous dit de sortir et de voir du monde c'est souvent la chose la plus difficile et détestable à faire. C'est vrai que ça semble idiot mais honnêtement si on ne va pas bien on ne va pas être capable de rencontrer des personnes car notre mal-être intérieur se reflétera à l'extérieur d'une façon ou d'une autre. Nous ne serons pas ouvert à la discussion, pas enclin à sortir pour une quelconque activité même pour seulement une bière. On est sombre, fade, las.

Vous avez déjà du tous rencontrer une fois une personne souriante, avenante, joyeuse, assez bavarde et elle vous a tout de suite semblé très sympathique. Ces personnes là sont bien dans leur peau c'est aussi simple que cela et donc on le ressent sans avoir besoin de leur demander. (Je généralise pour faciliter le message, mais je sais très bien que des personnes qui ne sont pas sincèrement bien savent très bien porter un faux sourire en public.) Quand on est bien dans notre peau on porte une certaine aura de bonheur et c'est la même chose quand on est mal, on porte aussi cette aura qui nous assombrit et nous éloigne.
Je sais maintenant que la solitude c'est souvent un cercle vicieux qui vous pousse à vous sentir de plus en plus mal du fait d'être seul mais aussi de plus en plus incapable d'entretenir des relations sociales pour s'en sortir. Des amies se sont inquiétées à mon sujet, je ne me rendais pas compte que je pouvais paraître si triste mais elles l'ont senti et elles ont cherché à savoir ce qui n'allait pas. Je vous raconte cet épisode un peu intime pour vous prouver à quel point ce qu'il se passe en nous est perceptible de l'extérieur, ce qui crée dans ce cas une porte fermée à toutes ouvertures sociales. L'entourage perçoit notre irritabilité et notre renfermement sur nous-même, ils voient cette carapace que nous avons créée et ne savent pas comment la percer.
A présent il est vrai même si je suis bien et que j'ai pu évaluer le pourquoi du comment de ma triste période d'hiver je crains le prochain. Mais autant cette période a été difficile à vivre pour moi autant elle m'a fait grandir. Je suis devenue plus sensible que je ne l'étais déjà aux situations de solitude des autres.
Je suis sur que ce n'est pas une condition obligatoire mais je pense que les personnes qui ont vécues des choses difficiles sont beaucoup plus aptes à comprendre les malheurs des autres. Je ne vais pas non plus glorifier mes périodes difficiles que j'ai vécues dans ma vie mais il est vrai qu'elles m'ont fait développer une nouvelle compréhension et une plus grande sensibilité aux problèmes des autres.
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Je veux absolument faire comprendre à ceux qui me liront que rien n'est définitif et surtout le malheur. C'est trop facile de dire que ça ne dépend que de vous car en réalité c'est souvent plus complexe qu'un simple problème de volonté. Il faut simplement savoir reconnaitre quand on ne va pas bien et au lieu de s'imaginer que tout est du à mille et une raisons et que nous sommes des personnes horribles il faut se calmer, comparer ce maintenant qui ne va pas avec les avants où ça allait et repérer le plus gros facteur qui a changé entre temps. Et puis, il faut trouver une façon d'avoir de l'aide. Parler vient souvent comme le premier conseil que l'on donne mais encore une fois c'est trop facile de dire ça. Pour s'en sortir pour certaines personnes en effet parler sera la clef, mais pour d'autres ça sera d'écrire dans un journal par exemple ou écrire tout et n'importe quoi sur des réseaux sociaux (oui ça c'est moi), ou alors ça sera d'aller voir une personne extérieur pour nous conseiller de façon neutre (un professionnel par exemple), faire du sport pour se dépenser, sortir beaucoup pour ne jamais se retrouver seul dans sa noirceur ou bien encore certains ne sauront pas quoi faire d'autre que d'attendre en continuant leur train-train quotidien sans rien n'y changer. Il existe je pense autant de solutions et de comportements différents face à des périodes de blues/déprime/dépression que de personnes. On devrait arrêter de donner des conseils lambda sans avoir pris avant le temps de comprendre ce qui n'allait pas et sans vraiment essayer de comprendre la personne, on risque sinon de la braquer ou de la blesser. 
On doit absolument arrêter de juger les gens, de croire que l'on peut mieux les aider car nous on va bien donc on sait comment bien aller, on doit arrêter de penser que les autres ne font aucuns efforts pour aller mieux et se confortent dans leur malheur car ils se comportent d'une façon passive. Nous ne sommes personnes pour juger de comment se sent cette personne et de ce dont elle a besoin. Récemment j'ai été très durement jugée par une personne qui me méprisait clairement à cause de mon temps passé sur les réseaux sociaux (malgré le fait que ce soit une personne normalement très proche de moi cela dit). Elle me disait que je me créais un faux bonheur virtuel à cause de tout mon temps passé sur internet à raconter ma vie et que je faisais partie de cette génération stupide qui ne sait pas vivre sans réseaux sociaux virtuels. Je me suis braquée et énervée, non pas car il avait touché juste et que j'étais vexée, mais car il me jugeait selon sa propre notion du bonheur sans prendre une seule seconde en considération le fait que ma vie reprenait justement en ce moment ses couleurs et que mes réseaux sociaux n'entravaient nullement mon bonheur. Pour lui c'était tout simplement impossible que je sois heureuse dans ma vie en continuant à autant tweeter (mes 30k tweets sont pour lui une preuve de mon faux bonheur auquel je crois, les chiffres sont évidemment plus parlant que moi-même c'est évident). A aucun moment il a prit le temps de m'écouter et de me comprendre, se croyant supérieur et ayant lui une vie menée de la façon la plus épanouie possible. Il s'est permit de me faire une morale aveugle et têtu en se pensant détenir la Vérité sur la façon d'être heureux. C'est exactement le genre de comportement stupide qui aurait pu me rendre très très mal si je n'étais pas sortie de ma période sombre. C'est exactement le genre de comportement à éviter si on parle à une personne qui va mal.

Effy Stonem dans Skins UK (oui c'est un peu ridicule ce genre de photo-citation-Tumblr but sorry not sorry)
J'aimerais vraiment que l'on comprenne que l'on n'est personne pour juger les autres et que parfois nous ne pouvons rien faire pour les autres car nous ne sommes pas capable de donner les bons conseils avisés.

La vie est belle, riche, et je suis fière de qui je suis, je suis fière de ma vie et de la façon dont je la mène malgré mes erreurs de parcours, n'en déplaise à certains.
Soyez vous-même, trouvez votre façon de vivre votre vie pleinement, trouvez votre fil rouge du bonheur qui pour moi est le soleil et la chaleur par exemple! Pardonnez-vous et acceptez de parfois être mal. Mais surtout, ne perdez jamais espoir quoi qu'il arrive, on s'en sort toujours si on garde un petit coin de ciel bleu dans notre orage. Ecoutez et essayez de comprendre les personnes que vous voulez aider, ce n'est que de cette façon que vous pourriez leurs être utiles. Arrêtez de juger les autres et surtout battez-vous les couilles/ovaires de ce que pensent les autres de vous et de votre vie si vous vous plaisez comme vous êtes ! Je vous souhaite d'être heureux ou de trouver votre bonheur, il arrivera si vous l'attendez. 



1 commentaire :

  1. Ne trouves-tu pas que lorsque l'on se laisse aller au mal dont tu parles, la déprime tout ça, c'est aussi par simplicité ? A chaque fois que ça m'arrive, je sais très bien qu'il suffit que je parle avec des gens, que je sorte, que je me change les idées pour que ça passe, et d'ailleurs c'est toujours comme ça que ça passe. Mais en vrai, quand on commence à rentrer dans cet état, enfin je sais pas si c'est pareil pour toi, j'ai toujours une impression de paralysie / paranoïa qui fait que je ne suis pas fichue de faire le moindre effort pour m'en sortir rapidement et simplement.
    A force, je me rends compte que se renfermer sur soi même comme ça, et se laisser penser que de toute manière on est nul et qu'on va rater notre vie (pour résumer hein ! nos états-d'ame sont bien sur beaucoup plus subtils bien sur :p), c'est plus une défense dans les situations de stress auxquelles on a l'impression que l'on arrivera pas à faire face. Quelque part, on se prépare à affronter le pire parce qu'on arrive plus à résoudre tous les problèmes qu'on à l'impression d'avoir autour...
    ...
    (Evitons de pondre un gros pavé).

    En tout cas, ça fait plaisir de voir que tu as repris du peps :D

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